Pour illustrer le thème « voitures de stars », Rétromobile présente une partie de la collection de Nick Mason, pop-star et batteur des Pink Floyd. Un ensemble éclectique, sous le signe du sport et de la compétition.
« J’essaye généralement d’éviter d’utiliser le mot « collection » pour évoquer les voitures que je possède. Ce terme me semble manquer de spontanéité, de passion. » C’est ainsi que Nick Mason commence le livre Into the red (« En zone rouge »), publié en 1998, pour présenter les vingt-deux voitures qu’abritait alors son garage. Une présentation sans concessions, sur la piste, car « bien que plusieurs d’entre elles soient extrêmement élégantes à l’arrêt, elles n’atteignent leur véritable beauté qu’en mouvement, pilotées à la limite de leurs capacités ». Ce livre nous apprend également que la passion automobile a habité Nick bien avant qu’il ne devienne batteur des Pink Floyd et rencontre le succès planétaire que l’on sait. L’automobile était même une affaire de famille, car son père l’emmenait déjà dans sa Bentley 4,5 Litre aux courses d’anciennes auxquelles il prenait part. « Mes meilleurs souvenirs d’enfance comportent l’odeur du cuir, de l’huile chaude et de l’essence « compétition », accompagnées du cliquetis du métal brûlant », écrit-il encore. Par la suite, Nick s’impliquera même dans la course moderne, avec quelques participations à de grandes épreuves comme les 24 Heures du Mans. Ce qui explique que ses voitures soient toutes résolument sportives, ou de course. Aujourd’hui, il en expose douze à Rétromobile, voitures d’exception qui reflètent l’accomplissement de ses rêves d’enfant… et d’adulte !
En voici la liste, accompagnée de ses propres commentaires (sauf l’Austin Seven et la Bentley 4,5 Litre), tirés de l’ouvrage Into the Red :
Panhard B1 1901 (4 cyl. 5,1 litres, 50 ch à 1 400 tr/min). — Il peut être difficile de réaliser que cette voiture était extrêmement moderne pour son époque, avec un embrayage et un volant de direction. Selon nos standards, le moteur est rudimentaire, mais suffisamment simple pour pouvoir être à l’époque réparé par un forgeron aidé du chauffeur, sur le bord de la route.
Austin Seven 1922 (4 cyl. 700 cm3). Ce modèle a été la première ancienne de nombreux amateurs anglais dans les années 60, et Nick Mason ne fait pas exception. N’ayant plus sa première voiture, il a racheté celle-ci par la suite. Portant le numéro de châssis 110, il s’agit probablement de la plus ancienne Austin Seven connue, fabriquée en 1922 et immatriculée l’année suivante.
Bentley 4,5 Litre 1930 (6 cyl. 4,5 litres). Cette photo des années 50 montre la Bentley 4,5 Litre Van den Plas conduite par le père de Nick Mason, le futur batteur étant assis à côté de lui. Réalisateur de films (il a notamment réalisé les séries sur l’histoire de l’automobile des origines aux années 60, pour Shell), Bill Mason utilisait souvent cette voiture pour se rendre aux meetings de course, pour les voyages de vacances et même comme voiture-caméra. Nick a pu la préserver.
Aston Martin Ulster 1935 (4 cylindres 1,5 litres, 85 ch à 5 000 tr/min). — L’Ulster est une excellente voiture de débutant, avec une merveilleuse tenue de route, des freins puissants, manquant un peu de puissance à cause de son châssis lourd mais robuste. Une grande voiture de course que j’ai toujours autant de plaisir à piloter.
Jaguar Type D 1955 (6 cyl. 3,4 litres, 250 ch à 5 750 tr/min). — Quand je me suis mis au volant, elle m’a immédiatement séduit. Comme avec les meilleures voitures, elle avait un bruit fabuleux, une ligne splendide et la vue du capot bombé à travers le pare-brise individuel me transporta immédiatement dans la peau de Mike Hawthorn…
Maserati 250 F 1957 (6 cyl. 2,5 litres, 218 ch à 8 000 tr/min). — Voilà une voiture qui a été appréciée aussi bien par les grands, que les bons ou les moyens. Capable à son âge d’or de remporter un championnat du monde, elle a procuré à trois générations de pilotes de fantastiques expériences de course.
Ferrari 250 GTO 1962 (12 cyl. 3 litres, 296 ch à 8 000 tr/min). — Je suis toujours mal à l’aise pour désigner une voiture préférée. Comme avec vos enfants, il est plus diplomatique de dire qu’ils sont tous importants, chacun à sa façon… Toutefois, si je dois vraiment m’engager, alors la 250 GTO réunit plus des qualités qui font une « grande » voiture qu’aucune de celles que j’ai connues… probablement.
Ferrari 512 S 1970 (12 cyl. 5 litres, 550 ch à 8 500 tr/min). — J’ai dû souffrir d’un peu de prétention lorsque j’ai pensé avoir besoin de cette voiture. Un minimum de réflexion m’aurait fait réaliser que les seuls pilotes ayant décroché des succès au volant de ce bolide étaient parmi les plus grands de tous les temps…
Ferrari 312 T3 1978 (12 cyl. 3 litres, 510 ch à 12 400 tr/min). — J’ai été charmé à l’origine par le lien entre la T3 et Gilles Villeneuve. Il avait remporté « son » GP du Canada en 1978 dans cette voiture — et si j’avais besoin d’une incitation à acheter une formule 1 Ferrari, ce moment de gloire dans sa brève histoire en fournissait plus que nécessaire, en plus de l’occasion de prendre place dans le siège de l’un de mes authentiques héros…
Lola T297 1979 (4 cyl. 2 litres, 290 ch à 9 500 tr/min). — Quand Brian Joscelyne m’a demandé si je serais intéressé de participer aux 24 Heures du Mans comme pilote, je me suis surpris à répondre oui… L’offre était irrésistible. (…) Heureusement la Lola s’est révélée une merveilleuse petite voiture, parfaite introduction au pilotage au Mans. (…) Nous avons fini seconds de notre classe en 1979, remportant l’indice de performance.
Porsche 962 1990 (6 cyl. 3 litres, deux turbos, 670 ch à 8 300 tr/min). — Mon initiation à la 956 (très proche de la 962, NDT) a commencé en 1984, quand un ami réalisateur de film, Mike Shackleton, proposa une brillante idée. Il réussit à persuader l’écurie Rothmans de nous laisser faire un film basé sur mon enthousiasme automobile et qui aurait pour titre « La vie pourrait être un rêve » ; dans l’accord, j’étais autorisé à piloter pour l’équipe. Je vivais avec les dieux — ou au moins les approchais dans le motorhome…
McLaren F1 GTR 1995 (12 cyl. 6 litres, 600 ch à 7 000 tr/min). — Lorsque j’ai appris que Gordon Murray préparait une voiture de route pour McLaren, je lui ai suggéré : « Si tu veux faire un bon supercar moderne, autant essayer d’abord un ancien » (…) J’ai été flatté qu’il me prenne au mot. Avec son énorme connaissance de la technologie automobile, ce fut un plaisir d’avoir ses commentaires sur des voitures comme la GTO, la F40 et l’Aston Zagato. J’ai plaisir à penser avoir été utile à son projet…
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