Dans la foulée du lancement, au Mondial de Paris, de sa somptueuse « 8C Competizione », Alfa Romeo aménage son stand sur le thème des 8 cylindres de la marque. Plaisir des yeux et du cœur !
Chez Alfa Romeo, le 8 cylindres est né en 1923, sous le crayon du génial Vittorio Jano. Forte de deux arbres à cames en tête, d’un double allumage et d’un compresseur, la P1 fait son entrée sur les circuits, suivie de la P2 qui, dès 1925, remporte le championnat du monde ! La légende est en train de naître, en même temps que la couronne de lauriers venant ceindre l’écusson de la marque... Le moteur évolue et prend place sous le capot de voitures de tourisme racées aussi bien que de bolides de course, carrossés les uns et les autres par Zagato, Castagna ou Touring. Les 8C 2300 écument les épreuves sur piste et sur route, se distinguant aux Mille Milles et dominant les 24 Heures du Mans de 1931 à 1934. L’appellation « Monza » fait son apparition à la suite de la victoire sur ce même circuit du tandem Campari/Nuvolari, en 1931. Le Tipo B, également appelé P3, récolte sa moisson de lauriers, parfois sous les couleurs de la Scuderia Ferrari, tandis qu’apparaît à la fin des années trente une autre version de ces splendides 8 cylindres : la 8C-2900, qui combine une rare beauté avec une remarquable efficacité, sur route autant que sur piste.
Du 8 cylindres en ligne au V8
A la veille du conflit mondial naît une autre machine d’exception : le Tipo 158, dont le 1500 cm3 à compresseurs développe plus de 350 ch... Elle prend le nom d’Alfetta et évolue en Tipo 159, atteignant 425 ch et remportant avec Nino Farina puis Juan-Manuel Fangio les championnats du monde 1950 et 1951. Parallèlement, la 8C 2900 poursuit sa brillante carrière, l’équipage Biondetti-Romano triomphant aux Mille Milles 1947. L’engagement d’Alfa Romeo en compétition connaît toutefois un frein dans les années cinquante : la marque concentre ses efforts sur la reconversion d’après-guerre, avec le lancement de voitures plus modestes comme les 1900 puis les Giulietta, qui assureront le succès de l’entreprise. Forte à nouveau, elle peut se relancer dans la course et repenser à placer 8 cylindres sous un capot. C’est le cas en 1967 avec l’apparition de la 33, dont le moteur adopte une configuration en V, plus conforme aux exigences de compacité requises sur les voitures de course. La 33 brillera sur les circuits jusqu’au début des années soixante-dix, donnant même le jour à une version route, la fameuse « 33 Stradale », rêve de collectionneur... Faute d’avoir accès à cette berlinette radicale, l’amateur pouvait se replier vers la Montréal, coupé grand tourisme présenté en 1970 et qui recevait un V8 dérivé de la 33. Après sa disparition en 1977, et si l’on excepte une série spéciale de l’Alfetta GTV, il faudra attendre 2006 pour qu’Alfa Romeo perpétue la tradition des 8 cylindres, avec la splendide 8C Competizione. A peine sortie, et déjà de collection...
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